Synergie, interactions et "remontage" de bretelles !

Publié le par VINCENT - GARAB

Je rebondis sur le commentaire d’un internaute en pointant du doigt l’importance des interactions possibles entre remèdes (comprenez ici les traitements par les plantes) et médicaments (allopathiques)…et je ne parle même pas des médicaments entre eux !

( voir ici le commentaire en question : http://retrouverlasante.overblog.com/martine-vincent )

Bien que l’automédication soit encouragée par les désormais très disponibles huiles essentielles, gélules de plantes, etc…, et au risque de mettre un pavé dans la mare de ce qui a le vent en poupe, il demeure toujours des risques d’interactions délétères, ne vous déplaise !

La naturopathie, et toutes les disciplines exigeantes respectant la physiologie de l’être humain et le principe même de la vie, permettent l’emploi d’alternatives naturelles puissantes, face aux troubles et maladies, et recherchent l'absence d’effets secondaires, voire les plus minimes.

Sans nier l’importance essentielle d’avoir le pouvoir sur sa santé (cela a déjà fait l’objet d’une note) évaluer la balance entre les avantages d’un traitement et les inconvénients d’effets secondaires, compte-tenu de l'histoire de la personne, soupeser les interactions ou intolérances possibles, exige forcément les conseils d’une personne expérimentée en la matière.

La synergie médecin / naturopathe / patient a pour moi tout son sens (même si la relation entre médecins et naturopathes demeure hélas bien trop rare !) car chacun contribue à évaluer le plus justement possible cette balance, avec sa vision propre ! J'aimerais vraiment voir évoluer une médecine globale et holistique comme en Suisse, Allemagne ou Canada qui introduit au sein de ses hôpitaux des pratiques « parallèles », conjointement à la (sacro-sainte) médecine classique (voir les livres de Guy Corneau, l’importance des Heilpraktiker au sein de la communauté allemande, etc…, et non les propos d'une certaine Laurette !)

Je ne veux en aucun cas nourrir le bruit d’interdire certains remèdes du « libre-service », comme le voudrait certaines personnes, mon propos aujourd’hui est de remettre l’accent sur la vigilance, le bon sens et le libre-arbitre de chacun vis-à-vis des traitements proposés, quel qu’il soit, et par qui que ce soit, mais SURTOUT pour vous faire part d’un ouvrage extrêmement bien construit et rigoureux qui sera très précieux à toute personne désireuse de mieux connaître les plantes, j’ai nommé le « GUIDE DES CONTRE-INDICATIONS DES PRINCIPALES PLANTES MEDICINALES » de Michel DUBRAY, aux éditions Lucien Souny.

En plus de nous apporter un éclairage sur l’usage précis des plantes (DJMA), cet Herboriste et Nutrithérapeute diplômé de l’Ecole de Médecine Naturelle et d’Ethnomédecine de Paris, détaille avec soin les incompatibilités entre bienfaits de la nature et médication…une bible à posséder pour qui veut étayer son savoir des contre-indications, effets non désirés et mises en garde et être plus précis dans ses conseils et soins.

PS : J'ajoute à cette note, pour mon grand plaisir et je l'espère, le vôtre, la délicieuse réponse de Jean-marc Dupuis (Santé Nature Innovation) à un journaliste qui ne dispose vraisemblablement pas des bonnes lunettes pour écrire un article objectif sur le sujet tant controversé des compléments alimentaires...

La voici : "

Alerte poudre de perlimpinpin

En ouvrant Le Parisien / Aujourd'hui en France ce matin, je tombe à la renverse : « Soupçons sur les pilules miracles », « Les compléments alimentaires en accusation », « L'Agence du médicament tire la sonnette d'alarme », etc. Un gros titre plus une double-page avec une avalanche de titres alarmistes qui ne paraissent avoir qu'un seul but : faire peur.

« Poudre de perlimpinpin » titre l'éditorialiste Jean-Marie Montali :

« Rien de neuf, finalement, depuis les élixirs aux vertus miraculeuses proposés depuis l'Antiquité par quelques alchimistes plus ou moins illuminés. On est prêts à avaler n'importe quel bobard et n'importe quelle potion de jeunesse promettant la jeunesse et la santé. (…) De plus en plus de spécialistes s'inquiètent de la multiplication des compléments alimentaires. Destinés à réduire les carences nutritionnelles, leur efficacité n'est pas prouvée. Mais leur surconsommation, en dehors de toute surveillance médicale, serait au contraire dangereuse. Ils n'auraient donc de bénéfices que pour les fabricants et les distributeurs ».


Jean-Marie Montali ayant laissé son adresse électronique sous sa signature, je me suis permis de lui adresser le petit mot suivant :

« Cher Monsieur,

C'est avec grand intérêt que j'ai pris connaissance ce matin du cri d'alarme que vous lancez dans Le Parisien/Aujourd'hui en France au sujet des dangers des compléments alimentaires.

Il est en effet capital de protéger le public contre les mensonges des fabricants, les fausses promesses de la publicité, et bien sûr les dangers des produits vendus dans le commerce et qui pourraient nuire à la santé.

Permettez-moi cependant, les remarques suivantes :

Vous déclarez : « On est prêts à avaler n'importe quel bobard et n'importe quelle potion de jeunesse promettant la jeunesse et la santé. » C'est peut-être votre cas mais, personnellement, je connais un très grand nombre de consommateurs de compléments alimentaires et je n'en ai jamais rencontré un seul qui soit « prêt à avaler n'importe quelle potion ». Au contraire, les personnes conscientes des enjeux de la santé lisent, se documentent, et n'achètent rien sans être sûres que le produit est naturel, sans danger, et sans effets secondaires. Pour tout vous dire, les adeptes de la santé naturelle me semblent en moyenne bien plus regardants sur ce qu'ils introduisent dans leur organisme que bien des patients de la médecine conventionnelle, dont certains avalent sans réfléchir des médicaments chimiques sans mesurer les risques que cela représente pour eux, avec les conséquences regrettables que l'on sait.

Vous déclarez que « l'efficacité des compléments alimentaires pour réduire les carences nutritionnelles n'est pas prouvée ». Dans ce cas, que conseillez-vous à vos lecteurs qui souffriraient du rachitisme (carence en vitamine D), de scorbut (carence en vitamine C), de déminéralisation osseuse (carence en magnésium, calcium, potassium, vitamine D), de carence en zinc (entraînant des problèmes immunitaires, cardiovasculaires, perturbation de croissance), de carence en oméga-3 (hausse du risque de dépression, d'accident cardiaque, cancer...), de carence en vitamine B12 (provoquant fatigue, faiblesse, troubles neurologiques et démence), etc. ? Ne prendre aucun complément nutritionnel ? Se contenter de « manger équilibré » jusqu'à ce que cela passe, sachant la pauvreté des aliments modernes en nutriments essentiels ? Ou alors prendre un bon médicament chimique remboursé par la Sécurité sociale ? Si oui, lequel ? Nous attendons vos recommandations avec impatience.

Vous estimez qu'il n'y a « Rien de neuf, finalement, depuis les élixirs aux vertus miraculeuses proposés depuis l'Antiquité par quelques alchimistes plus ou moins illuminés ». Êtes-vous absolument certain de ce que vous avancez ? Les dizaines de milliers d'études scientifiques publiées ces trente dernières années dans The American Journal of Clinical Nutrition, The European Journal of Clinical Nutrition et tous leurs confrères, lus et reconnus par l'ensemble de la communauté médicale n'ont apporté, selon vous, aucune connaissance nouvelle ? Rien sur le rôle préventif et curatif des acides gras, des vitamines, des minéraux et des acides aminés ? De même, la phytothérapie (médecine par les plantes) n'a-t-elle vraiment, selon vous, fait aucun progrès depuis l'Antiquité ?

C'est ce que vous semblez croire puisque vous reprenez dans vos colonnes des propos selon lesquels la canneberge (cranberry) serait inefficace contre les infections urinaires, et que vous attaquez le produit Cys-Control d'Arkopharma agissant à partir d'extrait de cranberry contre les infections urinaires, effet qui selon vous est mis en cause par l'EFSA.

Savez-vous pourtant qu'une étude de Cochrane, datant de 2008 et portant sur des essais randomisés en double-aveugle contre placebo (l'étalon d'or de la recherche médicale) a conclu que le jus de canneberge pouvait être efficace pour la prévention des infections urinaires chez les femmes à risque ? (1)

Savez vous par ailleurs qu'une étude réalisée en 2009 et comparant l'efficacité des antibiotiques à celui de l'extrait de canneberge contre les infections urinaires, a conclu qu'il n'y avait pas de différence statistiquement significative entre les deux, ce qui doit amener à préférer le jus de canneberge, nettement moins risqué et sans effets indésirables ? (2)

Savez-vous qu'au cours de deux essais en 2008 et 2009, le jus de canneberge a été plus efficace qu'un placebo pour prévenir les rechutes auprès de filles (de 3 ans à 14 ans) sujettes aux infections urinaires ainsi qu'auprès des femmes enceintes ? Chez ces dernières, le traitement a été également efficace pour réduire les cas de bactériurie asymptomatique. (3)

Enfin en 2012, une méta-analyse publiée dans Archives of Internal Medicine, regroupant 10 études randomisées pour un total de 1616 participants, a confirmé l’effet prophylactique (préventif) de la canneberge. Il est apparu qu'elle réduit le risque d’infection de 38 % en moyenne, comparée à ceux qui n’en consomment pas. L’effet préventif est surtout marqué chez les femmes (-51%) et les enfants (-67%). (4)

Peut-être contestez-vous la validité scientifique de ces études, pourtant réalisées par des chercheurs diplômés et publiées dans des revues médicales internationalement reconnues. Mais dans ce cas, je me permets tout de même de vous demander sur quelles bases vous appuyez vos affirmations (ce n'est pas précisé dans votre journal).

Vous parlez, enfin, des dangers de la prise de compléments alimentaires sans surveillance médicale. Savez-vous que, pour souffrir d'un effet secondaire provoqué par la canneberge, il faudrait en boire plus de 4 litres par jour, et que la seule conséquence possible serait alors une diarrhée, dont les effets se dissiperaient rapidement en diminuant la dose ? Et que pour tomber malade à cause d'un excès de vitamine D, de vitamine C, d'oméga-3 ou encore de probiotiques, de multivitamines ou d'antioxydants, il faudrait en prendre 100 à 1000 fois la dose maximum recommandée, quotidiennement et pendant plusieurs mois ! On ne peut malheureusement pas en dire autant des médicaments qui, aux doses officielles, provoquent chaque année 300 000 accidents en France, dont plusieurs milliers de morts. Ce qu'il serait tout de même utile de préciser.

Pour conclure, il me semblerait urgent que Le Parisien / Aujourd'hui en France fasse paraître une série d'articles concernant les effets favorables pour la santé, et démontrés scientifiquement, des compléments alimentaires, ainsi que des plantes médicinales. Car comme vous le voyez, le sujet est riche, pour ne pas dire inépuisable, et je suis convaincu qu'il intéressera tout autant vos lecteurs qu'un énième dossier sur « la prétendue pilule amaigrissante qui ne marche pas ».

Bien entendu, je vous propose pour cela mon aide entièrement bénévole.

Ne doutant pas que vous réserverez à mon courrier le meilleur accueil, je me permets de boire, cher Monsieur, un grand verre de jus de cranberry...

A votre santé ! Jean-Marc Dupuis "

Merci pour votre lecture et belle journée en conscience pour vous !

Synergie, interactions et "remontage" de bretelles !

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