TDA(H) 1er article - Valérie Garab

Publié le par VINCENT GARAB

TDA(H) 1er article - Valérie Garab

Lettre d'une maman à tout ceux et celles qui rencontreront ou ont rencontré mon enfant, ou tout autre personne avec trouble de l'attention, avec ou sans hyperactivité (TDA/TDHA)...

Mon enfant est né une nuit d'orage en 2005. Le dernier, un garçon après deux filles, un vrai bonheur.Tout petit, il s'est très vite montré fragile, et si souvent malade qu'il a fallut trouver une crèche qui « tolérait » tant d'absences, en privilégiant l'approche humaine et non la rentabilité...premier pas difficile...

Après d'heureuses années auprès de puéricultrices fantastiques, l'école maternelle fut pour lui, les deux premières années un vrai bonheur. D'humeur joyeuse et remuante, au caractère déjà bien affirmé, il a reçu beaucoup d'amour et, surtout une envie grandissante d'apprendre, de découvrir et d'expérimenter..., grâce aux pédagogues que je ne remercierais jamais assez. Et puis, en dernière année de maternelle, en immersion « langues » il a rencontré une jeune enseignante, débordée par le nombre d'enfants et probablement par des moyens limités. Mon fils n'étant pas le petit ange immobile escompté, s'est vu punir pratiquement tous les jours, assis sur une chaise. Ce systématisme autoritaire a bien vite eu raison de l'acceptation des autres élèves vis-à-vis de lui, au sein de la classe, et surtout de sa confiance en lui...vilain petit garçon qui perturbe la classe. Beaucoup lui ont tourné le dos, enfants, adultes...le petit mouton ne suivait pas le groupe non plus ! La suite est très peu reluisante, d'une série de tests psychologiques interminables et inefficaces, au parcours du combattant pour trouver une structure plus adaptée...

...du choix malheureux que nous fîmes en optant pour une autre école dont les moyens ne permettaient pas le discours, à la suggestion froide d'un professeur de primaire omnipotent de placer sans délais notre fils en école spéciale...une vraie douche froide... ... une troisième école, comprenant le précieux et attentif soutien d'une équipe pluridisciplinaire (neuropsy, logopèdes, psychologues...) nous a permis de comprendre que notre fils est en effet différent. Il souffre d'un trouble neurologique déficitaire de l'attention....un TDA...

Un site dédié à ce sujet en Belgique estime qu’il affecte 2% ou plus des enfants en âge d’être scolarisés (les garçons plus que les filles), certains, aux états-unis et au Canada, notamment, sont nettement moins optimistes et parlent de fléau sans cesse croissant.

Laissez-moi vous résumer en quelques mots de quoi il s'agit : (une prochaine note sera plus détaillée) :

Déficience de l'inhibition du comportement excessif : En clair, impulsivité excessive de l'enfant qui ne parvient pas à maîtriser ses réactions

Faible capacité de concentration : Les bruits, les autres élèves, une bulle d'air sur la couverture plastique d'un cahier sont autant de motifs qui l'empêchent, bien malgré lui, de fixer son attention trop longtemps sur un sujet unique...

Avec ou sans Hyperactivité : besoin de remuer constamment, l'enfant ne tient pas en place, troubles du sommeil...

Les explications neurologiques concernent :

L'anatomie du cerveau : la zone préfrontale du cerveau, liée à la prise de décision, l'attention, l'utilisation de la mémoire à court terme, l'intensité des émotions et du mouvement, la planification, l'organisation et la conscience de soi (pas moins!) est plus petite, par rapport à un enfant ne présentant pas le trouble

La conduction électrique entre les neurones est diminuée, par manque ou problème de transport de neurotransmetteurs (2 en particulier, plus d'informations dans les prochaines notes), provoquant une lenteur de transmission d'information dans le cerveau

L'origine serait génétique : certains ouvrages incriminent une anomalie du chromosome 16, responsable notamment de l'autisme, d'autres évoquent l'a transmission directe du trouble par le père ou la mère, voire des 2 comme facteur avéré...

Mais pourquoi ce « post », me direz-vous ?

Et bien, c'est un grand coup de gueule déclenché par un événement ce week-end qui me pousse à expliquer à ceux qui n'y ont jamais été confrontés ce que représente cette affection au quotidien. Ce week-end, mon fils a été pour la première fois de sa vie à un camp de mouvement de jeunesse pour le week-end. Fraîchement rentré dans la ronde, et heureux de pouvoir être dehors, faire des jeux collectifs et se rouler dans la boue si nécessaire, il y a été avec grand enthousiasme. ...et oui, j'ai posé LA question qui me fait peur lorsque je la pose, ici ou à l'école, mais qui est primordiale... « ça s'est bien passé ? » Pour ceux qui n'ont jamais vécu ce genre de problèmes, je tiens à dire à quel point cette simple phrase est parfois difficile à « sortir », car il faut être prête à écouter la réponse, à rester forte et constructive, à accepter, tout simplement,...et non, cela ne s'était pas bien passé du tout !!!

Cela a fait mal à mon coeur de maman d'entendre tant de remarques négatives...mon petit bonhomme courait comme un bienheureux avec son copain (enfin, un copain ! Les relations sociales de ces enfants feront également l'objet d'un prochain « post ») et nous nous entendions dire par les responsables du camp que «  il me tourne en bourrique, il n'écoute pas, il est agité, à cause de lui, un petit garçon a refusé de venir au camp... et , malheureusement j'en passe... » La goutte qui a fait débordé le vase est le ton informatif d'une jeune fille à peine plus âgée que mon aînée de 17 ans, qui semblait vouloir « nous ouvrir les yeux » 

...Après tant de réflexions, de profondes remises en question, de recherches d'informations et d'alternatives thérapeutiques..., je fulminais....et je fulmine encore. J'enrage de voir que notre éducation, notre formatage, pousse certains à voir ces enfants comme des monstres...impression partagée avec mon mari ce dimanche-là !

Même si je ne peux les blâmer, cette note EST la raison, la justification, l'explication que je souhaite partager avec les autres parce que :

Mon enfant est malheureusement loin d'être le seul dans son cas

Faire connaître le TDA autrement que comme un fait purement clinique, permet de garder une vigilance et une clarté d'esprit nécessaire vis-à-vis de choix à prendre, des situations difficiles à dénouer. La maman et la naturopathe que je suis veulent continuer à s'informer, à user de la naturopathie jusqu'à ces limites, s'il en est, pour aider son petit bonhomme au mieux, ainsi que tous ceux qui souhaitent prendre soin de leur enfant de manière holistique et humaine, en parallèle à un choix médical ou non. La nutrition, la nutrithérapie (complémentation en nutriments, minéraux, oligo-éléments...), la phytothérapie, la médecine chinoise, l'acupuncture, l'homéopathie... sont autant de moyens alternatifs possible demandant ,parfois, patience, foi et confiance.

Ne leur doit-on pas au moins ce temps précieux et si capital pour soupeser tous les facettes du trouble et de l'enfant lui-même, et permettre un jugement plus éclairé ? Aucune pilule magique ne vous sera proposée, sauf une pour votre enfant, en milieu allopathique, mais elle a ses revers et ses zones d'ombre.

Mais je demeure convaincue malgré les pressions de certaines institutions, ou de la société, tout simplement, qu'il est essentiel de puiser dans les moyens naturels et de rester attentive au ressenti de l'enfant et à ses réactions, avant d'envisager une approche chimique.

A mon sens, on ne peut pas rester seuls à vivre cette situation. Il est des moments extraordinaires où l'on prend conscience de l'ampleur de la richesse de notre enfant et d'autres où l'incompréhension, la fatigue prennent le dessus. Il est important à ces moments-là d'être aidé(e), écouté(e), sans être jugée, de pouvoir déléguer pour souffler...

Je ne veux porter aucun jugement sur les parents qui font le choix ou non de choisir la médication classique. L'espace de ce blog n'en fera jamais l'objet. Soupeser chaque jour si notre enfant est en souffrance ou non... Veiller à ne pas nous tromper, pour cheminer avec notre enfant dans un souci majeur de bien-être...

Je fais le voeu que chaque personne concernée reste alerte et renseignée jusqu'au bout. C'est, entre autre, l'objet de ce blog ! que les parents d'enfants présentant ce trouble puisse y trouver des alternatives, des aides et moyens adaptés qu'ils puissent y voir un espace de dialogue constructif qu'ils sortent de leur isolement que ce blog informe ceux qui ne connaissent pas le trouble...

Il est une erreur que je ne ferais plus, c'est de marquer timidement TDA sur la fiche médicale de mon enfant, sans en parler avant aux personnes concernées. J'invite tous les parents à faire confiance en leur ressenti quand il s'agit de dire ou non que leur enfant est atteint de TDA(H). Personnellement, je rejetais cette étiquette, mais je m'aperçois depuis ce w-e que cela fait partie de lui et que cela permet aux autres de tenter d'être plus tolérants, compréhensifs, ou tout du moins interpellés.

Je ne mettrais plus jamais cette partie de mon enfant dans l'ombre, parce que je ne dois plus en avoir peur. Je prends conscience chaque jour de sa grande richesse et de sa valeur et remercie ce cheminement de 7 ans à la rencontre de mon fils tant aimé.

Je dédie ce post aux parents qui s'interrogent, au regards plein de vérité des enfants et remercie mon amie et collègue thérapeute, Martine Vincent, pour avoir initié ce blog.

Publié dans TDA(H)

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Ophélie 17/12/2012 16:14

Merci pour ton post qui me touche à un point ... je suis pas seule ... toi aussi tu parles comme moi ... que ça fait du bien ... depuis le 26 novembre ... jour de rencontre avec la neuropsy mon monde tourne différemment ... on apprend tous les jours à tourner comme on peut pour notre bonhomme de 7 ans... à l'aider ... je suis confiante mais apeurée ... cette étiquette n'est pas encore tombée ... je vais apprendre , leur apprendre cette différence et ensemble nous deviendrons riches !

valérie 18/12/2012 10:56

Je poste une prochaine note sur les H.E pour l'endormissement des enfants nerveux et les hydrolats en journée ! A bientôt

Ophélie 17/12/2012 21:29

Merci Valérie ... oui je suis prête à avancer ... et retourner les montagnes qu'il faut pour que ça change ! Ça fait du bien de te trouver ... quelqu'un qui vit la même chose et qui ne regardera pas comme une folle par rapport à mon ressenti et à mon coeur de maman ! Mon bonhomme prend des fleurs de bach ( larch) pour la confiance en lui ... je vais un peu regarder avec les huiles essentielles ( je suis en formation 2ième année ) , il a des heures avec une jeune instit pour travailler les bases ... la logo ... l'instit et le directeur mettent des choses en place pour aider notre loulou ... on avance du mieux que nous pouvons ... restera le regard des "autres" à apprivoiser ... et ensuite nous grandiront avec lui

valérie 17/12/2012 18:07

Merci pour ton message Ophélie. La solidarité n'est pas un vain mot. Il faut en parler, et partager nos expériences et interrogations. N'hésite pas à nous revenir, c'est grâce à nos échanges que nous pourrons avancer, nous soutenir et faire circuler toutes les informations nécessaires à nos choix de parents. Bien cordialement, Valérie